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" Accusé agriculteur, présentez-vous à la barre! "

2019/08/20 15:53:45, posté par Jean-Gabriel Giraud

"Soit on est durable, mais pas rentable, soit on est performant, mais détesté" ... un texte intéressant sur le monde agricole, les enjeux et les difficultés auxquelles il est confronté . Merci à Anne-Cécile Suzanne pour ce témoignage. En colère, mais lucide.

Extrait :

J’étais dans mon tracteur lorsque une «alerte» envoyée par un média m’a appris que le CETA avait été voté. Je bottelais ma paille avant la pluie, depuis plusieurs heures déjà, dormant peu, commençant tôt. Et cette nouvelle ne m’a pas abattue. Elle ne m’a pas inquiétée. Elle m’a, avant tout, mise en colère. Cette bouffée de colère soudaine était assez surprenante. Finalement, cela fait plusieurs années que l’agriculture est délaissée, politiquement et socialement, mais nous avons tendance à l’accepter, comme une réalité contre laquelle il ne vaut plus la peine de se révolter. Nous nous concentrons sur notre pré carré. Pour autant, cette colère est montée, comme si ce vote avait été la goutte de trop, la dernière consécration du paradoxe français, qui enferme notre agriculture entre quatre murs. Il n’est pas un citoyen, pas un expert télévisé, qui ne sache quoi faire s’il était agriculteur...

Alors dans mon tracteur, je me suis mise en colère contre cette façon d’envisager notre métier et contre ces murs, qu’il est de plus en plus dur de démonter. Il est peu de métiers où l’on ne reçoive tant de leçons sans jamais considérer notre rôle dans sa globalité. On pense l’agriculture en saucissons alors même qu’il s’agit d’une activité «systémique», qui possède un impact global sur son environnement, sur sa société, sur ses consommateurs et sur le climat.

Il est impossible de tirer un fil sans emporter les autres. Prôner la montée en gamme tout en ouvrant à la concurrence internationale, c’est couper les fils, mais casser en même temps tout le système. Pour sortir de l’impasse dans laquelle, de façon désordonnée, notre gouvernement, nos journaux, nos consommateurs nous mettent, peut-être faudrait-il revenir à la base, en particulier quand on gouverne la France: penser, c’est accepter d’envisager le problème dans sa complexité.

Source : lefigaro.fr