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Dérèglement climatique...qu'enseigne-t-on de l’école à l’université ?

2019/03/24 22:41:47, posté par Jean-Gabriel Giraud

De fait, le sujet est abordé de façon très inégale dans les programmes scolaires. Depuis la réforme du collège de 2016, les professeurs délivrent quelques cours sur la variabilité naturelle du climat, les grandes glaciations ou la différence entre météo et climat.

Avec la réforme du baccalauréat, les enseignants s’inquiètent que le climat reste limité à la portion congrue dans les nouveaux programmes des lycées, qui doivent entrer en vigueur en 2019 et 2020. Rien n’apparaît sur le sujet en seconde. En première, « seul le bilan d’énergie de la Terre est abordé de façon théorique, comme on aurait pu le faire dans les années 1970 », note Valérie Masson-Delmotte, climatologue. Lire la lettre co-signée publiée sur les pages du Club Médiapart (déc. 2018) "Assurons à nos lycéens une solide éducation scientifique au climat et à la biodiversité !"

C’est en terminale, au cours de l’enseignement commun scientifique, que l’enjeu du changement climatique doit normalement être développé. Le programme, en cours d’élaboration, devrait être examiné et voté en mai et juin par les membres du Conseil supérieur des programmes. Un tiers de cet enseignement, soit deux heures par semaine, pourrait être consacré à la thématique « climat et société ».

« On a sauvé les meubles in extremis, mais il manque une vision d’ensemble. C’est loin d’être satisfaisant. Quant au collège, c’est le parent pauvre en matière de climat », déplore David Wilgenbus, directeur de l’Office for Climate Education, une organisation chargée de promouvoir et de développer l’éducation au changement climatique. Finalement, « c’est à l’école primaire que les projets de sensibilisation sont les plus intéressants », juge-t-il.

Le ministère de l’éducation nationale répond que les nouveaux programmes contiennent au contraire les notions-clés pour comprendre le réchauffement climatique. « L’institution scolaire a fait beaucoup du point de vue de ses contenus, autant qu’elle le pouvait », estime Souâd Ayada, la présidente du Conseil supérieur des programmes.

Dans l’enseignement supérieur, la situation est différente. Chaque établissement, université ou école, maîtrise son offre de formation et les cursus en développement durable existent depuis une dizaine d’années. Certains étudiants voudraient malgré tout aller plus loin, et intégrer de manière systématique cette approche dans tous les cursus.

Mégane Laurent, en deuxième année à AgroParisTech, regrette, elle, que les cours sur le développement durable soient « très axés sur l’ingénierie », et « pas assez sur les enjeux environnementaux actuels » tels que les comptes rendus des conférences mondiales sur le climat ou la mobilisation citoyenne sur le climat.

Tout l’enjeu est de mieux informer les jeunes sans les désespérer, prévient Pierre Lena. « Il y a un risque pour les enseignants, car les faits et les chiffres qu’on leur présente sont déjà source d’anxiété. Les jeunes peuvent être dans l’émotion plus que dans le raisonnement. Il faut leur donner les clés pour penser ce problème, ce que les Américains appellent “A critical eye and hopeful heart” [un œil critique mais un cœur plein d’espoir] ». Diane Granoux a trouvé une façon de répondre à ses élèves anxieux : « A ceux qui se montrent angoissés de la fin du monde, je leur réponds que c’est seulement la fin d’un monde. »

Un article de Audrey Garric et Marine Miller

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