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Planter des milliards d'arbres suffira-t-il à absorber les émissions de CO2 ?

2019/02/23 11:29:04, posté par Jean-Gabriel Giraud

Planter des arbres pour lutter contre le réchauffement climatique ? L’idée est loin d’être neuve, mais selon une nouvelle étude présentée le 16 février auprès de l’Association américaine pour l'avancement des sciences (AAAS), la Terre pourrait accueillir 1 200 milliards d’arbres supplémentaires – ce qui, d’après le chercheur britannique Thomas Crowther, serait largement suffisant pour absorber les émissions mondiales de CO2.

L'article publié sur les pages de Usbek & Rica analyse les constats du chercheur américain (le nombre d'arbres sur Terre aurait été largement sous-estimé jusqu'ici, soit 7 fois plus que les estimations de la NASA) et décrypte les conséquences de sa proposition.

« Les 3 000 milliards d’arbres [existants aujourd'hui sur la planète] correspondent à un stock de carbone de 400 gigatonnes de CO2. Si on y ajoute environ un trillion, on pourrait capturer encore des centaines de gigatonnes – l’équivalent d’au moins une décennie d’émissions anthropiques complètement anéanties », a précisé le chercheur à The Independent. À titre de comparaison, les émissions mondiales de CO2 s’élevaient à 37 gigatonnes en 2018.

Or toute forêt n'est pas un « puits de carbone ». La capacité des arbres à séquestrer le CO2 dépend de nombreuses conditions.

Climatiques, notamment. L'INRA a identifié les facteurs qui peuvent augmenter ou diminuer la capacité des arbres à séquestrer le dioxyde de carbone (CO2) : l'impact du stress hydrique (sécheresse prolongée, incendie, assauts d’insectes) - la variation du diamètre des troncs - les taillis à courte rotation.

Tous les arbres et tous les sols ne se valent pas.

« La forêt est évidemment un puits de carbone quand elle est jeune et qu’elle remplace un sol agricole. En effet, en pareil cas la teneur en carbone du sol augmente, et la quantité de carbone stockée dans la partie aérienne des arbres augmente aussi. Mais quand elle est jeune et qu’elle remplace une prairie, c’est moins évident (...) Certes des arbres poussent, mais la décomposition de ceux qui sont morts conduit à des émissions de CO2 à peu près équivalentes à ce qui est absorbé par la croissance des arbres vivants ».